Mission d’AMO assurée pour le compte de la Métropole de Lyon, de 2023 à 2025
Le site des théâtres romains se situe pratiquement à l’emplacement où fût fondée la ville de Lyon, en 43 avant notre ère, sur la colline de Fourvière. Il se compose aujourd’hui d’un ensemble de majestueux vestiges (du théâtre et de l’Odéon antique, de bâtiments civils et publics, et, non loin, de mausolées, de thermes et, sujet à hypothèses, d’un cirque, entre autres) et d’un musée, superbement intégré, présentant de magnifiques collections et des expositions que je considère comme des modèles de médiation, particulièrement en direction du jeune public.

Vue sur le parc archéologique de Lyon (c) Pierre Croizet 2022
Le projet ayant donné lieu à l’AMO consistait à définir le concept de valorisation des sites archéologiques (donc ceux listés précédemment, hors musée, auxquels ajouter tout site « antique » dans la métropole) pour délivrer une médiation historique et patrimoniale, en extérieur. L’objectif, très clair, était de « révéler l’histoire antique de Lyon », considérée comme largement méconnue par la population, en dépit de la forte fréquentation du parc archéologique (environ 1 M de passages par an) et du musée (près de 170 000 visiteurs par an).
La mission recouvrait un ensemble de séquences, très complètes : définition du concept, à partir d’un diagnostic culturel et d’une hiérarchisation des points d’intérêt pressentis (plus de 50), co-animation du comité scientifique, étude des publics (au moyen d’une enquête en face à face menée sur site et dans divers lieux de la métropole), benchmark, fixation des objectifs et des partis pris de médiation, étude de faisabilité, sourcing, rédaction des cahiers des charges des appels d’offres, assistance à la sélection des prestataires, suivi de réalisation jusqu’à achèvement complet.
Le projet a abouti à une livraison de l’intégralité du dispositif à l’automne de l’an dernier. Il se compose d’une couche « physique », constituée d’un ensemble de pupitres de médiation, de maquettes et de manips, et d’une couche « numérique », comprenant une web-app mobile, une solution de réalité virtuelle, une maquette digitale 3D.



De gauche à droite : carte en relief du Lyon antique, établie grâce aux travaux du comité scientifique, puis vue sur un pupitre complet avec une image reconstituée à partir de la maquette numérique, des cartels, une image d’archive imprimée sur un bloc où s’asseoir, et enfin un pupitre accolé à une manip (c) Pierre Croizet 2025 – Conception et suivi de réalisation des pupitres par le groupement Tactile Studio – LM Polymago – Ookenea, Fabrication par Boscher, Ducaroy, Grange, La Manufacture des Bétons, SEV communication.
La spécificité du projet, outre son caractère ambitieux, servi par des moyens à la hauteur (budget d’1M€ en conception et réalisation) tient aux points clés suivants :
- Une approche méthodique avec suffisamment de temps accordé à la réflexion sur les objectifs de la médiation, l’analyse des publics, la mise en place de la ressource scientifique, le travail de conception mené selon une approche de co-design, avec un panel de personnes représentatives des futurs publics et utilisateurs des dispositifs.
- Une conduite de projet veillant à associer, tout au long du processus, l’ensemble des acteurs concernés, en fonction des étapes requérant leur participation : collège scientifique, médiateurs et médiatrices de Lugdunum, DRAC et service archéologique de la ville de Lyon, services de la métropole (urbanisme, marchés publics…). Cette logique participative et informative constante a favorisé l’appropriation large du projet et garantit sa concrétisation, dans le respect parfait du planning prévisionnel, à la semaine près, sur 2 ans.
- Une chefferie de projet côté Lugdunum, en la personne de Jordan Boucard, tenace, professionnelle et constamment impliquée du début à la fin, à considérer comme l’élément majeur ayant conduit à la réussite de cette opération.
- Une direction de mission, en la personne de Claire Iselin, directrice du musée, et Delphine Cano, responsable du service scientifique, jouant pleinement le rôle de supervision, de respect des objectifs et de la cohérence du projet, et d’ingénierie financière et administrative.
- Et diverses particularités, à considérer comme des formes d’obstacles qu’il a fallu franchir : élaboration d’une maquette numérique « étanche » du Lyon antique (qui n’existait pas au début du projet, qui comportait de nombreux « trous » et qui a bien été aidée par la chance de découvrir, en cours de route, la preuve de la localisation du forum), design de pupitres devant parfaitement s’intégrer au site archéologique ainsi qu’à l’environnement urbain et respecter les impératifs de médiation et d’accessibilité, zone presque blanche de réseau 4G impliquant un travail important d’optimisation du fonctionnement de la web-app…



Vues extraites de la maquette numérique, réalisée par Art Graphique & Patrimoine, en haut vue du quartier du Verbe Incarné, en bas à gauche, vue intérieure du théâtre et, à droite, du nymphée (c) Métropole de Lyon 2026



Vues de l’application Explore Lyon Antique (https://explore-lyon-antique.grandlyon.com/fr/accueil ), réalisée par Mazedia
En conclusion, il s’agit d’un projet rare par son ampleur et par la mise en oeuvre des principes les plus actuels de la médiation : veiller à l’inclusion des publics (par la diversité des supports et des médias, par le traitement accessible des contenus), mixer expérience physique, digitale et humaine, raisonner en UX co-designée et en intégration durable dans l’environnement, en l’occurrence, ici, archéologique et urbain.
